Point macro economique du 11 mars 2019

Ralentissement économique – BCE : 1 – 0

 

Les marchés financiers ont cédé du terrain cette semaine en dépit d’une politique monétaire particulièrement accommodante de la Banque Centrale Européenne.

 

Europe

  • CAC : -0,6%
  • DAX : -1,2%

 
Etats-Unis

  • Dow Jones : -2,2%
  • S&P500 : -2,2%
  • Nasdaq 100 : -1,9%

 
Asie

  • Nikkei : -2,7%
  • Hang Seng : -2,3%
  • Shangai : -0,8%


Les raison de cette baisse

Pas de nouvelles significatives sur l’accord sino-américain
Des craintes renforcées sur un ralentissement économique mondial
De piètres statistiques américaines et chinoises.

 

▬ MARCHÉS ACTIONS

Alors que la Banque Centrale Européenne est allée jeudi 7 mars au-delà des attentes des investisseurs, le marché consolide…

News BCE

  • un nouveau « TLTRO » à 2 ans effectif en septembre (TLTRO : opérations de refinancement permettant d’octroyer des prêts long terme aux banques afin de les inciter à prêter aux entreprises et aux consommateurs de la zone euro)
  • la banque centrale n’envisage plus d’augmenter ses taux directeurs en septembre tel que cela était initialement prévu : désormais pas avant 2020…

 

Ces nouvelles, en théorie, positives surtout pour le secteur bancaire, ont été refroidies par la baisse de ses prévisions de croissance pour la zone euro à 1,1% en 2019 contre 1,7% initialement.

Cette révision survient au lendemain de celle de l’OCDE. La croissance mondiale est revue à la baisse à 3,3% au lieu de 3,5% (après 3,6% en 2018), celle des États- Unis à 2,6%, l’Allemagne à 0,7% et celle de la France à 1,3% (programme de relance des gilets jaunes et moindre exportateur que son partenaire allemand).

La Chine a officiellement modifié son objectif de croissance entre 6 et 6,5% pour 2019. Pour contrer cette plus faible expansion, le gouvernement chinois a réduit de 3% son taux de TVA et relancer le crédit.

Le ralentissement tant redouté est donc une réalité qui pourrait persister la première partie de l’année.

Par ailleurs, des statistiques américaines encourageantes n’ont pas suffit à rassurer les places financières :

  • La productivité est restée soutenue à 1,4% au 4ème trimestre 2018 avec un coût unitaire de la main d’oeuvre en progression de 2%. C’est une tendance positive pour la consommation des ménages.
  • L’indice ISM non-manufacturier affiche un robuste 59,7 points pour février.

A l’inverse,

  • les créations d’emplois du secteur privé ont déçu.
  • le rapport Non-Farm Payrolls (NFP) de la variation de l’emploi non agricole aux États-Unis fait état de 20K créations d’emplois contre 180K attendu et d’un taux de chômage qui reste au plus bas, à 3.8%
  • le déficit commercial s’est creusé à -59.8B (voir graphique).

 

▬ MARCHE DE TAUX

Le fort ralentissement de la normalisation monétaire des différentes banques centrales, le tout dans un environnement de révision négative des prévisions économiques, pousse les taux à la baisse.

  • Le Tbond américain revient sur 2.63% (-10 points de base),
  • Le Bund sur 0.06% (voir graphique)
  • Et l’OAT française sur 0.42%.
  • Cette tendance se vérifie sur les pays du sud de l’Europe, à l’image du 10 ans espagnol (1.05%) et italien (2.5%), bien loin des 3.6% lors des tensions politiques transalpines avec Bruxelles. L’emprunt suisse se traite avec un rendement négatif de -0.38%, tout comme celui du Japon (-0.04%).

▬ MARCHE DES CHANGES

EUR / USD : 1,1231
La BCE ayant confirmé le retardement du processus de relèvement de taux pour 2020, l’euro a donc connu une faiblesse notoire sur le marché des devises, se négociant sous les 1.12 USD, avant de se redresser légèrement face au dollar.
 

▬ MATIERES PREMIERES

Pétrole : WTI : 56,09 $ / Brent :64.3 $ le baril
⇒ Les cours pétroliers ont terminé la semaine proches de l’équilibre. Les opérateurs saluant les coupes dans la production des pays membres de l’OPEP, dans un contexte de perturbations dans certains pays producteurs comme l’Iran et le Venezuela.

OR : 1298 $ l’once
⇒ En raison d’une montée du dollar américain, les métaux précieux ont repris de la couleur pour flirter de nouveau avec les 1300 $. Cette performance est également attribuable à un retour de l’aversion au risque.

▬ CONCLUSION

  • Les bonnes nouvelles sur le front monétaire adoucissent les risques baissiers menaçant la croissance mondiale. L’action devenue préventive des banques centrales plutôt que curative, contribue au maintien des taux très bas, limitant ainsi les menaces d’une possible récession.
  • Mais le ralentissement de la croissance mondiale commence à présent à inquiéter les marchés, à défaut d’avoir des signaux positifs (Brexit, accord chine /USA).

⇒ Une pause technique, après cette hausse exceptionnelle des indices, est donc la bienvenue.

Performances des indices

Avertissement

Cette newsletter hebdomadaire est la traduction subjective d’évènements écoulés dans la semaine, avec un prisme d’analyse court-terme. Il appartient donc aux lecteurs de prendre du recul, de relativiser certains phénomènes en les mettant en perspective sur le long terme.
Ce document constitue une présentation conçue et réalisée par KMH Gestion Privée à partir de sources qu’elle estime fiables (Financière de l’Arc, Zone Bourse, Boursorama, BFM, Bloomberg, Investing.com, Waldata, … pour les principales sources d’information). Il ne peut être utilisé dans un but autre que celui pour lequel il a été conçu et ne peut pas être reproduit, diffusé ou communiqué à des tiers en tout ou partie sans l’autorisation préalable et écrite de KMH Gestion Privée.

Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedin