POINT MACRO ECONOMIQUE DU 29 AVRIL 2019

Pétrole, un nouveau front dans la guerre économique mondiale ?

Si l’attention des investisseurs est focalisée sur l’accord sino-américain (qui tarde à être signé…) et sur les résultats (mitigés) des entreprises, les salles de marché semblent volontairement ignorer les signes sombres de la macroéconomie et la guerre rampante de l’or noir impulsée par les Etats-Unis…

Pour l’instant tout va bien pour le CAC 40, comme pour l’ensemble des indices !

CAC 40

  • Clôture prochaine du mois d’avril 2019, au plus
    haut depuis 5 ans,
  • 4 mois consécutifs de hausse. Séquence unique
    par son ampleur (encore + 4% au titre du dernier
    mois),
  • + 18% depuis le 1er janvier (en seulement 4 mois).

Poursuite ou consolidation au mois de mai ?

Hausse portée par les très grandes capitalisations boursières et par des plans massifs de rachats de titres par les entreprises, souvent à crédit, pour doper le rendement de leurs dividendes.

A ce jeu, la hausse peu se poursuivre encore quelques mois…, dans l’espérance, d’ici là, du retour de la croissance, orchestrée par la Chine.

Actualités Macroéconomiques

Hausse des marchés ?Points favorablesFreins potentiels
Résultats des entreprises 1er trimestre 2019Les cours des entreprises technologiques (GAFA) sont une nouvelle fois portées à la hausse grâce à des résultats à 2 chiffres.

Résultat minimum pour ne pas décevoir les investisseurs…

- Amazon : + 17% de son CA
- Microsoft : + 19% de son bénéfice net

La nouvelle économie de l’informatique dématérialisée (« cloud ») est le nouveau relais de croissance.
Le Nasdaq 100 au plus haut historique !
La hausse du dollar et le ralentissement de l’environnement économique pénalisent les entreprises industrielles

Nombre de PME/PMI s’endettent pour racheter leurs titres et continuer à rivaliser ainsi avec leurs concurrents (% dividendes).

Le poids de la dette au sein de ces entreprises devient désormais préoccupant, et ce, si la croissance n’est pas in fine au rendez-vous.
Banques centralesFED : la banque centrale américaine, une nouvelle fois critiquée par un Tweet de Donald Trump, pour ses hausses de taux passées et réduction du bilan, sanctionnant les marchés en 2018 et la croissance (PIB).

D. Trump recherche des candidats au renouvellement du Board de la FED… plus conciliants 😉
Toutes les intentions de normalisation des bilans sont encore à l’arrêt.

-> Les rendements à 10 ans se maintiennent sur les zones basses :

- TBond US : +2,52%
- Bund : -0, 02%
- OAT 10 ans : +0,36%
- Suisse : -0,36%
- Seule la dette italienne se tend à 2,68% (plus haut d’un mois) en raison de craintes de récession de l’économie transalpine.
IndicateursAllemagne :
• L’indice ZEW (sentiment économique allemand) est repassé positif (3.1 contre 0,9 attendu)

Etats-Unis :
• les ventes au détail, les commandes de biens durables et les ventes de logements neufs ont agréablement surpris, ainsi que le PIB trimestriel qui progresse de 3.2% (consensus 2.2%).
• L’indice des services (52,5) est ressorti sous les attentes
• L’indice manufacturier (47,8) reste toujours inférieur au seuil des 50 (contraction de l’activité).
• La confiance des consommateurs a encore reculé (-8 contre -9), tout comme l’indice ifo.

• A contrario, l'indice manufacturier de Richmond, les ventes de logements existants, les permis de construire, les mises en chantier l'indice PhillyFed et la production industrielle ont déçu.

Les cours intègrent principalement les bonnes nouvelles.

Le schisme s’accroît entre la nouvelle économie en perpétuelle expansion et l’industrie classique, en récession (Allemagne, Italie).

Bataille de capitalisations boursières

990 milliards de dollars pour Microsoft
968 milliards de dollars pour Apple
937 milliards de dollars pour Amazon

Evolution de l’indice ZEW en Allemagne 

Zoom sur le PETROLE

Événement majeur de la semaine passée : l’annonce par les Etats-Unis de leur volonté de réduire à zéro les exportations de brut iranien, et ce à/c du
mois de mai prochain.

  • Annulation des exemptions américaines qui permettaient à certains pays, comme la Chine et l’Inde, d’importer du brut iranien malgré les
    sanctions de Washington.
  • Hausse brutale des cours du WTI et du Brent, qui intègre une prime de risque politique.
  • Rééquilibrage des cours du brut en fin de semaine par une augmentation de la production de l’Arabie Saoudite (à la demande de D. Trump !).

 

Faut-il se limiter ici à la simple lecture de la volonté de D. Trump d’affaiblir l’économie iranienne ?

Stratégie pour gagner des parts de marchés grâce à leur … pétrole de schiste !

Avec 12,2 millions de barils par jours (mbj), les producteurs américains n’ont jamais autant extrait de pétrole.

L’industrie du schiste se transforme en profondeur : les puissants majors (Shell, Exxon Mobil et Chevron) achètent les petites et moyennes compagnies.
Avec elles, les progrès technologiques se font à pas de géant et s’accompagnent de perspectives de production très élevés (X 4) pour un coût
d’exploitation de plus en plus faibles.

Production rentable, y compris pour un baril à 35 $…point bas 2008 & 2016.

Question : comment assurer la suprématie américaine sur les marchés pétroliers ?

1/ En s’équipant de terminaux pétroliers de haute capacité, tout est mis en œuvre pour gagner des parts de marché à l’international, concurrençant ainsi l’OPEP. De ce fait, les Etats-Unis tendent à devenir un exportateur net de produits pétroliers.

2/ Les sanctions US*, ont pour but notamment d’asphyxier les exportations de brut détruisant ainsi de l’offre. Dans le cas de l’Iran, de nombreux pays ont commencé à diversifier leurs sources d’approvisionnement.

  • L’Inde, qui importe 75% de son pétrole des pays membres de l’OPEP, vient de signer un contrat annuel avec les Etats-Unis dans le cadre d’accords bilatéraux.
  • La Corée du Sud, accorde une remise sur fret pour les importations de brut non originaire du Moyen-Orient, rendant le pétrole américain compétitif…

3/ Les lobbys ou comment changer les règles du jeu du commerce international.
Les Etats-Unis parviennent à obtenir progressivement le remplacement de certains usages du pétrole lourd (OPEP, Russie) par du pétrole léger (du pétrole de schiste), moins sulfuré.

  • Exemple : la décision de l’Organisation maritime internationale (IMO) de réduire la teneur maximale en soufre du mazout de 3,5% à partir du premier janvier 2020.
    Une croisade contre le fioul lourd, au nom d’une lutte qui se veut écologique, qui in fine arrange bien les intérêts financiers des majors américains qui doivent écouler leurs futurs stocks de brut très léger.

 

* Les risques en contrepartie des sanctions US :
« L’Iran pourrait quitter le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en raison du renforcement des sanctions américaines po
d’étouffer les exportations de pétrole iranien », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères (DUBAI, 28 avril 2019 – Reuters).

Conclusion

Les marchés actions ont fortement progressé depuis le début de l’année.
Faut-il craindre un retournement de tendance le mois prochain comme l’adage boursier le prévoit
: « Sell in May and go away ! » ?

> Confirmation ou infirmation ?

Dans le collimateur des investisseurs cette semaine :

  • La poursuite des résultats d’entreprises
  • La poursuite des négociations sino-américaine
  • Les discussions europénneautour du Brexit
  • Le discours de la FED
  • L’anticipation des élections européennes : VOX, partie d’extrême droite s’est invité hier au parlement espagnol.

NB : le marché sera fermé toute la semaine au Japon pour cause de nouvel Empereur

Performance des indices

Avertissement

Ce blog hebdomadaire est la traduction subjective d’évènements écoulés dans la semaine, avec un prisme d’analyse court-terme. Il appartient donc aux lecteurs de prendre du recul, de relativiser certains phénomènes en les mettant en perspective sur le long terme.

Ce document constitue une présentation conçue et réalisée par KMH Gestion Privée à partir de sources qu’elle estime fiables (Financière de l’Arc, Zone Bourse, Boursorama, BFM, Bloomberg, Investing.com, Waldata, … pour les principales sources d’information). Il ne peut être utilisé dans un but autre que celui pour lequel il a été conçu et ne peut pas être reproduit, diffusé ou communiqué à des tiers en tout ou partie sans l’autorisation préalable et écrite de KMH Gestion Privée.

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