Point Macro Economique du 08 avril 2019

Les indices au zénith ?


Nouvelle semaine de hausse sur les marchés : un « bull trend » qui apparaît toujours aussi invulnérable et perdure pour la 15ème semaine consécutive (dont 13 de hausse). La performance de l’année est peut-être déjà réalisée … ?

CAC 40 : 5476 point (YTD : +15,8%)
SP500 (US) : 2892 point (YTD : +15,4%)
SSE (Shanghai) : 3247 point (YTD : +30,2%)

Tendance haussière confirmée par de grands corps verts (hausse), sans mèche ! Une correction est donc attendue, car historiquement, peu d’années s’achève sans mèche…
Dans l’immédiat, une tendance haussière portée par les banques centrales.

▬ ACTUALITES MACROECONOMIQUES

En dépit d’un environnement géopolitique encore incertain, les investisseurs sont en mode « Risk ON » poussés par :

  • des espoirs de sortie de crises :
    • Brexit : possible entente entre le gouvernement et l’opposition pour éviter un « NO DEAL ».

Le scénario d’une sortie sans accord le 12 avril prochain semble donc s’écarter.

Vers une Union douanière ? Réponse le 10 avril prochain…

    • Accord commercial sino-américain attendu d’ici 4 semaines,

90% des points bloquants sur la négociation avec la Chine seraient surmontés, selon le Financial Times.

  • des statistiques économiques moins défavorables :
    • Lundi 1er avril : publication d’un PMI manufacturier chinois, en mars, à 50,5. Cet indicateur, au-dessus de 50, qui est le premier depuis novembre 2018, apparaît comme une éclaircie dans le ciel industriel européen actuellement bien sombre.
    • L’espoir s’est renforcé́ avec l’annonce des PMI des services dans la zone euro au-dessus des attentes (53,3% en mars contre 52,7% en février)
    • Enfin, l’actualité fut principalement dominée vendredi par la publication du ‘NFP’, les chiffres très attendus de l’emploi aux Etats-Unis. Le NFP, publié chaque premier vendredi du mois, traduit la tendance, le ton de la première économie mondiale.
    • Les chiffres de l’emploi US ont confirmé que les États-Unis ne sont pas encore au bord de la récession. L’économie américaine a en effet créé +196.000 en emplois en mars, grâce notamment au secteur médical, la ‘tech’, la restauration, la construction, rassurant ainsi les marchés (Vs seulement + 33.000 créations de postes en février !). Déception pour l’industrie qui perd -6.000 emplois. Les nouvelles demandes d’allocation chômage ont atteint son niveau le plus bas niveau depuis 1969, soit depuis 50 ans.
    • La bonne surprise vient aussi de la hausse modérée des salaires (+0,1%), soit + 3,2% sur un an glissant (en-dessous des prévisions).

Plus d’emploi & inflation salariale modérée : Wall Street salue ces bons chiffres !

⇒ Globalement, les statistiques américaines, européennes ou chinoises ressortent meilleures, en dépit de chiffres décevants passés sous silence (commandes de biens durables US en baisse une nouvelle fois, statistiques allemandes encore baissières, etc.)

  • des Banques centrales particulièrement accommodantes, en soutien !


      • Courbe rouge : les statistiques macroéconomiques sont de plus en plus décevantes.
      • Courbe verte : les indices mondiaux sont haussiers depuis fin décembre 2018
      • Courbe bleue : les politiques accommodantes des banques centrales, depuis fin décembre, soutiennent nettement la hausse des marchés actions

Le dernier Tweet de Donald Trump va encore mettre la FED en difficulté. En effet, le Président américain demande à cette institution « indépendante » de mettre rapidement en place un nouveau « QE » et de baisser le taux directeur de 0,50% …

Si l’objectif est sans nul doute purement politique (entretenir la bulle boursière jusqu’à sa possible réélection), en obéissant, la FED pourrait envoyer un mauvais signal : de nouvelles mesures de soutien seraient effectivement jugées comme nécessaires compte tenu du ralentissement de la croissance économique mondiale (cf. les statistiques supra).

L’optimisme sur les marchés pour le risque se ressent au niveau au niveau des taux et des matières premières.

▬ TAUX

Le marché obligataire se détend légèrement. Les rendements des emprunts souverains restent toutefois sur des zones basses.

  • Le Tbond US se négocie sur 2.52%
  • Le Bund allemand s’affiche à zéro contre un rendement négatif une semaine auparavant.
  • L’OAT française se maintient sous les 0.40%.
  • La Suisse voit toujours son 10 ans produire un intérêt négatif (- 0.33%).
  • Les taux des obligations d’entreprises à 5 ans de notation « Investment Grade » ont atteint un nouveau point bas depuis plus d’un an à 0,54%, après avoir franchi à la hausse le seuil de 1% en ce début d’année.

Cette contraction des rendements des dettes souveraines et « corporates » est un facteur de soutien très important pour les marchés d’actions. Elle permet de stabiliser les primes de risque et d’orienter les investisseurs vers des valeurs distribuant d’importants dividendes.
Les taux d’emprunt pour l’immobilier n’ont jamais été aussi bas en France (Taux pour 25 ans : 1,25%, bons dossiers) !

▬ MATIÈRES PREMIÈRES

Le CRB, indicateur de prix des matières premières dans le monde, connaît un parcours ascensionnel depuis le début d’année (+10%), dupliquant la trajectoire du S&P500.

  • Pétrole : le Brent, une des plus grosses pondérations du CRB, se négocie au plus haut annuel à plus de 70 USD (reprise attendue de la croissance, réduction de la production par l’OPEP, et nouvelles tensions en Libye)
  • Gold : A contrario, l’or, valeur refuge, ne s’écarte plus de sa base graphique à 1290 USD (impact de la hausse du dollar et des marchés actions).

 

▬ CONCLUSION

02/04/19 : Propos de Mme Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) :
« Il y a un an, je disais : « le Soleil brille, réparez le toit ». Il y a six mois, je pointais du doigt les nuages à l’horizon. Aujourd’hui, le temps est de plus en plus instable ».

Forte probabilité que le marché corrige en début de semaine.

  • 7 jours consécutifs de hausse du SP500 (courbe verte) : série de hausses la plus longue depuis 1 an.
  • La baisse peut être soit symbolique, soit correspondre à une correction si un catalyseur externe venait perturber le marché (Hard Brexit, déception sur l’accord US/Chine par exemple).

A l’inverse, en cas de bonnes surprises sur lesdits accords, la hausse indicielle perdurera : les gérants étant obligés d’investir pour éviter de se trouver distancés par leur benchmark.

Performances des indices

Avertissement

Cette newsletter hebdomadaire est la traduction subjective d’évènements écoulés dans la semaine, avec un prisme d’analyse court-terme. Il appartient donc aux lecteurs de prendre du recul, de relativiser certains phénomènes en les mettant en perspective sur le long terme.
Ce document constitue une présentation conçue et réalisée par KMH Gestion Privée à partir de sources qu’elle estime fiables (Financière de l’Arc, Zone Bourse, Boursorama, BFM, Bloomberg, Investing.com, Waldata, … pour les principales sources d’information). Il ne peut être utilisé dans un but autre que celui pour lequel il a été conçu et ne peut pas être reproduit, diffusé ou communiqué à des tiers en tout ou partie sans l’autorisation préalable et écrite de KMH Gestion Privée.

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