POINT MACRO ECONOMIQUE DU 25 MARS 2019

« Les PMI plombent les bourses »


Si les reports successifs des décisions géopolitiques les semaines passées pouvaient s’apparenter au calme avant la tempête, les nombreux signaux contradictoires qui ont été envoyés la semaine dernière ont provoqué des réactions en chaine dans les salles de marchés :

  • Statistiques rassurantes aux Etats-Unis, en début de semaine
  • Imbroglio des discussions autour du Brexit, au cours de la semaine
  • Discours de la FED, jeudi dernier, très accommodant
  • Tweet de Donal Trump, ce même jeudi, peu enthousiaste sur l’avancée de l’accord commercial sino-américain
  • Publications vendredi de PMI très inférieurs aux attentes des économistes : confirmation du ralentissement de la croissance mondiale

⇒ La réaction est immédiate : les cours des indices boursiers et des devises européennes sont sanctionnés

▬ ACTUALITÉS MACROÉCONOMIQUES

x STATISTIQUES AMÉRICAINES : Satisfaction

  • L’indice PhillyFed (Réserve fédérale de Philadelphie) est ressorti en nette hausse, à 13.7 contre -4.1 précédemment. (Un chiffre supérieur à zéro traduit une croissance de l’activité manufacturière dans la grande région industrielle du Nord-Est des Etats-Unis). L’indice est considéré comme l’un des premiers indicateurs mensuels sur la santé du secteur manufacturier américain).
  • Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont également agréablement surpris (221K contre 226K attendu et 230K la semaine dernière).
  • A contrario, les commandes industrielles n’ont progressé que de 0.1% en janvier (consensus 0.3%).

x DISCUSSIONS AUTOUR DU BREXIT : Deal ou No Deal ?

  • Theresa May a officiellement demandé à l’UE un report de trois mois du Brexit (30 juin 2019)
  • Mais l’Union européenne a réduit la faisabilité du report au maximum au 23 mai, à condition que le Parlement UK approuve l’accord de divorce, sinon ce sera le 12 avril…


x DISCOURS DE LA FED : attitude plus ‘dovish’ que prévue.

La FED a en effet revu à la baisse ses prévisions économiques pour les Etats-Unis et anticipe un ralentissement économique dans le monde.

  • La FED ne prévoit plus aucune hausse de taux cette année (deux hausses initialement attendues).
  • La FED a également décidé de ralentir la normalisation de son bilan à partir de mai et de l’arrêter à partir de septembre 2019.

Les rendements du Trésor ont chuté à leur plus bas niveau en plus d’un an.
– Les T-Bonds 10 ans font une incursion sous les 2,5% (contre 2,618% avant le communiqué de la FED)

Le marché actions repart dans le vert … à l’exception des valeurs bancaires qui sont vendues en raison de l’aplatissement de la courbe des taux.


x TWEET DE DONALD TRUMP : Signaux mitigés sur les négociations commerciales avec la Chine

– Mercredi, un Tweet annonçait qu’un accord commercial avec Pékin se profilait mais que les tarifs douaniers actuellement en place pourraient être prolongés.
– Ce samedi, le Financial Times écrit que Pékin n’a pas encore fait de « concessions de taille » concernant les demandes américaines.

Pékin rejette les exigences US sur les entreprises technologiques
⇒ Le représentant américain au Commerce et le secrétaire au Trésor sont attendus à Pékin pour des négociations qui débuteront le 28 mars.



x PMI : Les indices PMI tétanisent l’Europe boursière

Les japonais ont été les premiers à publier, jeudi soir, des PMI décevants.
Vendredi, la publication des indices PMI Flash français puis allemands ont totalement inversé une tendance boursière positive en Europe. Le CAC40, qui gagnait 0,4% avant les annonces, a perdu plus de 2%. C’est un véritable coup de frein à l’échelle de la zone euro, en particulier au niveau manufacturier.

  • En France, les économistes attendaient 50,6 points pour les services et 51,4 points pour le secteur manufacturier en mars. Le bilan est respectivement de 48,7 et 49,8 points, en zone de contraction donc. Il ressort à son niveau le plus bas depuis septembre 2016.
  • En Allemagne, l’indice manufacturier était attendu dégradé mais pas dans de telles proportions : 44,7 points ! Un plus bas de 79 mois (août 2012). En contraction donc pour le troisième mois consécutif.


⇒ Baisses accélérées de la production, des nouvelles commandes et des exportations

En cause : l’incertitude entourant le Brexit, les relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi le ralentissement du secteur automobile et une demande mondiale globalement moins dynamique.

Rappel : Les indicateurs PMI prennent le pouls des directeurs d’achats des différentes économies (suivis par le cabinet IHS Markit). Schématiquement, un indicateur positionné à 50 signale une stagnation économique. Au-delà, l’économie est en expansion et en-deçà, elle se contracte.

Graphique du PMI composite avec le PIB de la zone euro depuis 1999

Sur l’ensemble de la zone euro, le PMI composite, qui regroupe l’activité manufacturière et des services, est ressorti à 51,3 en mars, soit en baisse par rapport à février et au consensus qui s’attendait à un rebond.

Ces PMI décevants viennent renforcer les craintes d’un ralentissement de l’économie mondiale et d’une récession en Europe, ce dont les investisseurs n’apprécient guère….

▬ ACTUALITÉS MACROÉCONOMIQUES

  • US : Le repli des taux reflète une aversion aux risques. L’écart de rendement entre des emprunts d’Etat américains à trois mois et ceux à dix ans s’est inversé pour la première fois depuis 2007, signe précurseur de récession économique pour certains.
    • T-Bonds 10 ans : 2,445%
    • T-Bonds 5 ans : 2,25%
    • T-Bonds 3 ans : 2,255%
    • T-Bonds 1 an : 2,448%
    • T-Bonds 1 mois : 2,478%
  • En Europe,
    • le Bund allemand à dix ans : -0,033%. Le rendement est passé en territoire négatif pour la première fois depuis octobre 2016.
    • L’OAT française à dix ans : 0,35%. Il a cédé plus de cinq points …

 

▬ CONCLUSION

  • Les taux resteront bas car l’environnement économique le nécessite :
    • les récents PMI manufacturiers européens le confirment
    • le gonflement des dettes souveraines ne supporteraient plus une remontée, même graduelle, des taux.
  • Le rallye haussier de début d’année sur les actions a montré que le marché était optimiste sur les sorties de crises (Brexit et conflit commercial).
  • Les prises de profits de la semaine passée étaient attendues afin d’assurer une respiration après cette hausse sans doute trop rapide.

⇒ Seul un accord commercial favorable avec la Chine pourrait relancer à la hausse les marchés. Dans l’attente, une correction du CAC 40 vers les 5 100 points est envisageable.

Performance des indices





Avertissement

Cette newsletter hebdomadaire est la traduction subjective d’évènements écoulés dans la semaine, avec un prisme d’analyse court-terme. Il appartient donc aux lecteurs de prendre du recul, de relativiser certains phénomènes en les mettant en perspective sur le long terme.
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