Malgré un contexte géopolitique sous tension en ce début d’année, les marchés financiers font preuve d’une solidité remarquable. Cette résistance cache toutefois une volatilité accrue et des interrogations croissantes sur les piliers technologiques de l’économie.

Arnaud Tourlet

Arnaud Tourlet
L’année 2026 a démarré sur les chapeaux de roue, c’est le moins que l’on puisse dire. C’est particulièrement frappant sur le plan géopolitique, avec de nombreuses sources de tension : Venezuela, Groenland, Iran… Mais cela n’a finalement que très peu affecté les marchés financiers, que ce soit les actions ou les obligations.
On notera d’ailleurs la bonne tenue des marchés émergents en ce début d’année, dans la lignée de leur performance en 2025. Une occasion de plus pour rappeler l’importance de conserver des portefeuilles équilibrés et donc diversifiés, ce qu’un investissement dans le seul indice MSCI Monde ne vous apportera pas, celui-ci étant composé à 70% de sociétés américaines, et étant absent des pays émergents !
Une volatilité extrême sur les actifs refuges et les devises
Mais si les marchés résistent très bien, ils n’en demeurent pas moins volatiles et donnent parfois l’impression de manquer de repères :
– Le pétrole : Les cours se sont envolés de 10% en 3 jours, puis ont soudainement chuté (au fil de l’évolution de la situation en Iran).
– L’or : Il a bondit de 4 600$ l’once à 5 600$ en seulement 8 jours pour revenir à 4 600$ en 48h ! Ce stress, lié à la baisse du dollar et à la nomination du prochain président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, rappelle que l’or reste un actif financier risqué et relativement volatile.
– Le Bitcoin : Celui que certains nomment « l’or digital » poursuit sa baisse, autour de 70 000$ (contre 127 000$ début octobre dernier).
– L’euro : Il a passé brièvement la barre de 1,2$ le 27 janvier, provoquant quelques inquiétudes au sein de la BCE : si un euro cher réduit le coût des importations énergétiques, il handicape nos exportations.
Le secteur technologique face au défi de la rentabilité de l’IA
Du côté des actions, l’inquiétude monte autour de l’IA et de ses conséquences : impact sur certains secteurs (éditeurs de logiciels, agences de publicité, métiers du droit) et rentabilité des investissements colossaux dans les data centers. À tel point que l’action Microsoft a perdu 10% en une seule journée suite à ses résultats. On parle ici d’une valeur pilier, ce qui soulève des questions pour les autres « 7 magnifiques » (Nvidia, Meta, Apple, Alphabet, Tesla et Amazon).
Enfin, prenons un peu de recul : sur un plan économique, les dernières nouvelles sont plutôt encourageantes en Europe et aux États-Unis. Les statistiques sont bien orientées, notamment pour les investissements industriels tirés par la technologie. Les craintes se concentrent désormais sur la montée du chômage, les risques inflationnistes et l’attitude future des banques centrales.
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