
Sur les marchés financiers, l’été s’est avéré plutôt calme, marqué par une légère hausse des actions mondiales. Il faut dire que les résultats publiés par les entreprises ont été à nouveau de bonne qualité, avec en moyenne une croissance des bénéfices qui a dépassé les attentes. Les statistiques de croissance économique mondiale ont également rassuré, soutenues en partie par les investissements dans la technologie et l’IA.
Mais c’est sur le front obligataire que les choses se gâtent. En effet, les taux d’intérêts ont poursuivi leur hausse, sous l’effet d’une inflation encore trop élevée (autour de 3% aux Etats-Unis et en Europe), d’un conflit au Moyen Orient qui s’éternise (et donc des prix du pétrole et du gaz élevés, sans parler des répercussions sur les coûts du fret maritime), et de déficits budgétaire toujours excessifs.
Face à ce constat, les marchés demandent logiquement une rémunération plus élevée afin de prêter aux Etats. A titre d’exemple, la France paye désormais plus de 4% pour ses emprunts à 10 ans. Et du côté des banques centrales, les probabilités penchent plutôt vers une hausse des taux directeurs afin de combattre l’inflation. C’est en tout cas ce que le nouveau président de la Réserve Fédérale américaine, Kevin Warsh, a clairement expliqué la semaine dernière.
Et cela pourrait bien commencer à poser problème, alors que l’on assiste à une concurrence accrue sur les émissions de dettes, entre les Etats et les entreprises, notamment celles qui investissent massivement dans l’IA. Ce secteur contribue d’ailleurs de plus en plus à la croissance économique des Etats-Unis, et il s’agit donc de ne pas casser cette dynamique. La tension est telle qu’au mois d’août, le secrétaire du trésor américain a dû intervenir en augmentant les emprunts à court terme et en rachetant des dettes d’Etat à long terme, afin de tenter de faire baisser les taux !
Entre facteurs de risques et motifs d’espoir : l’heure reste à la prudence
En résumé, L’heure est donc toujours à la prudence, les principaux risques pour les mois à venir étant :
- Une poursuite de la hausse des taux longs (sur fonds d’inflation élevée, tirée par les prix de l’énergie, du transport et des matières premières agricoles)…
- …et des hausses de taux directeurs de la part des banques centrales ;
- Un enlisement qui se poursuit au Moyen Orient ;
- Des tensions politiques, liées aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis, à l’élection présidentielle en France…
- Une « crise IA », marquée par des investissements colossaux qui ne délivreraient pas les retours espérés.
Et quels sont les motifs d’espoir :
- Les résultats des entreprises sont jusqu’ici meilleurs que prévu, affichant un rythme élevé de croissance des bénéfices (plus de 20% cette année aux Etats-Unis et 15% en Europe) ;
- dans la perspectives des élections de mi-mandat, Trump aurait intérêt à trouver une porte de sortie avec l’Iran, ce qui ferait baisser les prix de l’énergie, et donc l’inflation et bien sûr les taux ;
- de nombreux pays poursuivent leurs plans de relance et de soutien à l’investissement et à la croissance, que ce soit via les dépenses en infrastructures, en technologie, ou dans le secteur de la défense.
L’analyse suisse : accélération de la croissance et repli du franc
Depuis la Suisse, le point de vue de notre associé basé à Genève : Bonne surprise au second trimestre avec une accélération de la croissance économique à 1.5%, contre 0.4% au premier trimestre. Les chiffres ont été particulièrement tirés par l’industrie chimique et pharmaceutique, mais le secteur des services a aussi progressé. Ces chiffres n’ont pas permis au franc suisse d’inverser sa faiblesse, cédant environ 3% contre l’euro au cours des 3 derniers mois.
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