
Le retour des tensions sur les taux d’intérêt assombrit l’euphorie des marchés
Mais il y a un nouveau point de tension et d’attention pour les marchés financiers : il s’agit des taux d’intérêts. Il est vrai que la période des taux extrêmement bas, proches de zéro et voire même inférieurs (dans les années 2019-2020-2021) semble révolue. Quoi de plus normal dans un contexte où l’inflation devrait s’installer durablement sur des niveaux un peu plus élevés que ceux d’il y a 5 ans. En effet, plusieurs sources de coûts ont tendance à monter (matières premières, énergie, main d’œuvre, santé…), la tendance à la relocalisation des outils de production est également de nature à faire monter les coûts de production, et la hausse des droits de douane pourrait être répercutée sur les prix de vente. Sans oublier les plans de relance budgétaire annoncés par certains pays, notamment la Chine et l’Allemagne.
Inflation, dettes et promesses électorales : les marchés face à un équilibre instable
Mais c’est surtout aux Etats-Unis que la crispation autour des taux d’intérêts se fait actuellement sentir : le taux des obligations américaines à 30 ans a dépassé les 5% (retrouvant même les niveaux de 5,1% atteints pour la dernière fois en 2007). En cause, un pays (très) endetté, à hauteur de 124% de son PIB, et qui affiche année après année un déficit budgétaire très élevé : entre 5% et 7% par an. Et cela ne devrait pas s’arranger puisque Donald Trump tente de faire voter le prochain budget, qui s’annonce également très déficitaire. Avec notamment certaines promesses faites lors de sa campagne électorale : des baisses d’impôts pour les entreprises et les ménages.
Pour rectifier cette trajectoire, il faudrait donc que le pays réduise son déficit commercial mais aussi ses dépenses de fonctionnement. Et on a bien vu que cela était très compliqué : le fameux DOGE, le « département de l’efficacité gouvernementale », dirigé par Elon Musk (plus pour très longtemps à priori) n’obtient pas du tout les résultats escomptés. Une des pistes étudiées en ce moment par l’administration Trump : la baisse des dépenses du système de santé, sans doute l’un des plus coûteux au monde (représentant environ 17% du PIB, contre 12% chez nous et une moyenne de 9% dans les pays de l’OCDE).
Après l’accalmie, l’orage ?
Dans ce contexte, il ne s’agirait pas d’ajouter de l’huile sur le feu en faisant monter l’inflation ! Or c’est bien là un des risques majeurs de la hausse des droits de douane ! On voit donc bien que Donald Trump a tout d’intérêt à calmer le jeu sur ce front : car avec une inflation contenue et une croissance économique déclinante, il est probable que la banque centrale américaine se décide à baisser ses taux directeurs au second semestre. Ce qui réduira sans doute également la tension sur les taux des obligations à long terme.
En attendant, maintenant que les publications de résultats des entreprises sont en grande majorité passées, les semaines à venir devraient être rythmées par les statistiques économiques et par l’évolution des négociations commerciales (la trêve instaurée avec la Chine est censée prendre fin début août tandis que celle avec l’Europe devrait s’arrêter le 9 juillet).
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