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  4.  | L’or, une envolée spectaculaire qui commence à s’essouffler

Arnaud Tourlet

Les cours de l’or ont connu une hausse spectaculaire : proches de 2000 dollar l’once début 2024, ils ont atteint un sommet historique à plus de 5500 dollars l’once le 29 janvier dernier. Soit une progression de plus de 165% en à peine plus de 2 ans ! Mais depuis 3 mois, la tendance s’est inversée.

 

Pourquoi cet engouement ?

Les raisons sont multiples, à commencer par un rattrapage après plus de 3 ans de quasi-surplace, entre mi 2020 et fin 2023. Car oui, il arrive que les cours de l’or ne montent pas, voire baissent nettement, et cela pendant d’assez longues périodes.

En dehors de cet effet de rattrapage, la notion de « valeur refuge » est bien sûr la principale raison venant à l’esprit. Les nombreuses tensions géopolitiques n’y sont pas étrangères, inutile de les énumérer ici.

Et l’accélération de la hausse de l’or coïncide assez bien avec la prise de pouvoir de Donald Trump en début d’année 2025. Et c’est assez logique : le caractère imprévisible du président américain, mais aussi et surtout son attitude agressive vis-à-vis de ses partenaires commerciaux provoque à la fois une réelle défiance vis-à-vis de la première puissance mondiale, et une envie de diversifier ses avoirs en dehors des obligations d’État américaines et du dollar.

Dans ce contexte, les banques centrales étrangères (et notamment celles des pays émergents) ont donc massivement renforcé leurs réserves en or au cours de ces 2 dernières années.

 

L’or, un placement refuge… mais pas sans risques

Mais revenons sur quelques éléments fondamentaux de ce marché de l’or.

  1. En tant que placement, rappelons que l’or ne verse aucun rendement : pas de dividende, ni de coupon. Par conséquent, il est moins pénalisant de détenir de l’or quand les taux sont très bas, ce qui fut le cas entre 2019 et 2021. À l’inverse, quand les taux remontent, comme c’est le cas cette année, détenir des obligations peut redevenir plus intéressant !
  2. Et si l’on décide d’investir dans le métal jaune, reste à savoir comment ! En bref, il est possible d’acheter des pièces ou des lingots (et de les stocker dans un coffre à la banque par exemple), ou bien d’investir sur des fonds indiciels qui tentent de répliquer au mieux l’évolution des prix de l’once d’or. Une troisième voie est possible : acheter des actions de sociétés minières aurifères, mais en gardant bien à l’esprit que leurs cours ont tendance en moyenne à amplifier les mouvements des prix de l’or.
  3. En termes d’offre : la production d’or dans le monde progresse assez lentement (environ +45% sur les 20 dernières années, soit moins de 2% par an), avec très peu de nouveaux gisements, des difficultés d’extraction grandissantes et des contraintes environnementales toujours plus strictes.
  4. Quant à la demande, elle est également assez stable : en dehors de l’investissement purement financier, elle provient environ à 50-50 des besoins industriels d’une part et du secteur de la bijouterie/joaillerie d’autre part.
  5. On comprend donc que c’est la balance offre/demande en matière de placements financiers qui explique en grande partie l’évolution des prix. Et voilà donc la raison de la volatilité des cours de l’or. Car il ne faut pas l’oublier, l’or reste un placement risqué et volatil :

 

Après une envolée dans les années 70 (chocs pétroliers, forte inflation et grande instabilité économique), décennie pendant laquelle l’once d’or est passée de 50$ à plus de 700$, les cours de l’or ont baissé pendant les 20 années suivantes, passant sous la barre des 300$ en 1999-2001 !
Après une nouvelle période d’euphorie entre 2000 et 2011 (de 300$ l’once à plus de 1800$), les prix chutent à près de 1000$ entre 2011 et 2015 ! Et sur les 12 années 2011-2023, l’once d’or enregistre une performance nulle ! Ce n’est donc que depuis début 2024 que le métal précieux a repris sa marche en avant !

 

En conclusion, s’il peut être intéressant d’avoir un peu d’or dans son patrimoine, pour son caractère défensif et « refuge » en période de crise, il ne faut donc pas oublier que cela reste un placement risqué, et dont les cours peuvent traverser de longues périodes de stagnation voire de baisse.

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